Comment embaucher un travailleur étranger en Espagne : guide pour les entreprises

17 octobre 2026

Embaucher un travailleur étranger en Espagne est tout à fait possible, mais la procédure dépend de la nationalité du candidat et de l'endroit où il se trouve. Si la personne est ressortissante de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen, elle n'a pas besoin d'autorisation de travail et il suffit de l'affiliation ordinaire à la Sécurité sociale. Le véritable défi survient lorsqu'on veut embaucher une personne extracommunautaire qui réside encore hors d'Espagne : dans ce cas, c'est l'entreprise qui lance la démarche et le travailleur, ensuite, demande le visa. Ce guide explique quelles étapes l'employeur doit suivre, quelle documentation il doit préparer et quelles sont les voies les plus rapides.

La règle générale : autorisation de résidence et de travail en tant que salarié

La voie ordinaire pour intégrer un travailleur extracommunautaire qui se trouve hors d'Espagne est l'autorisation de résidence et de travail en tant que salarié. C'est l'entreprise qui lance la demande depuis l'Espagne, en présentant le dossier auprès de l'Office des étrangers de la province où le service sera fourni. Une fois accordée, le travailleur se rend au consulat de son pays d'origine pour demander le visa de travail et de résidence, avec lequel il pourra entrer légalement en Espagne.

La situation nationale de l'emploi

Le principal obstacle de la voie générale est que l'on évalue la situation nationale de l'emploi. En pratique, cela signifie que le poste doit figurer dans le catalogue des professions difficiles à pourvoir que publie le Service public de l'emploi national (SEPE), ou bien l'entreprise doit prouver qu'il n'existe pas de candidats disponibles sur le marché du travail espagnol. Pour cela, on gère au préalable l'offre d'emploi via le SEPE : si, dans un délai déterminé, le service de l'emploi ne présente pas de candidats adéquats, la condition est réputée remplie et le poste peut être pourvu par une personne étrangère.

La voie rapide : les professionnels hautement qualifiés

Lorsque le profil recherché est qualifié, il existe une alternative beaucoup plus rapide qui évite le test du marché du travail. Il s'agit de l'autorisation pour professionnels hautement qualifiés, régie par l'article 71 de la Ley 14/2013, de soutien aux entrepreneurs et à leur internationalisation.

Son grand avantage est double. D'une part, on n'évalue pas la situation nationale de l'emploi, de sorte qu'il n'est pas nécessaire de prouver qu'il n'y a pas de candidats espagnols. D'autre part, elle est traitée par l'Unité des grandes entreprises et des collectifs stratégiques (UGE-CE), avec une résolution indicative d'environ 20 jours ouvrables et, surtout, avec silence administratif positif : si l'Administration ne statue pas dans le délai, l'autorisation est réputée accordée. Face aux mois que peut durer la voie générale, cette modalité est la préférée des entreprises technologiques et de ceux qui intègrent des cadres ou des spécialistes.

Quels documents l'entreprise doit-elle fournir

Quelle que soit la voie choisie, l'entreprise est la grande protagoniste du dossier et doit justifier de sa capacité à faire face à l'embauche. La documentation de base de l'employeur comprend :

  • Solvabilité économique suffisante pour garantir le poste de travail (comptes, impôts, bulletins de salaire de l'équipe actuelle).
  • Contrat de travail signé avec les conditions du poste.
  • Justificatif de l'activité de l'entreprise (acte constitutif, inscription au registre, vie professionnelle du compte de cotisation).
  • Moyens matériels et humains adéquats pour développer l'activité et pourvoir le poste proposé.

Les étapes de la procédure

  1. Choisir la voie appropriée selon le profil : salarié général (avec situation nationale de l'emploi) ou hautement qualifié (sans test de marché).
  2. Le cas échéant, gérer l'offre d'emploi au SEPE ou vérifier que le poste figure dans le catalogue des professions difficiles à pourvoir.
  3. Préparer la documentation de l'entreprise : solvabilité, contrat signé, justificatif de l'activité et des moyens pour le poste.
  4. Présenter la demande d'autorisation : auprès de l'Office des étrangers (voie générale) ou de l'UGE-CE (hautement qualifiés).
  5. Une fois accordée, le travailleur demande le visa de travail et de résidence au consulat de son pays.
  6. Après l'entrée en Espagne : affiliation à la Sécurité sociale et demande de la carte d'identité d'étranger (TIE).

Et si le travailleur est déjà en Espagne ?

Il n'est pas toujours nécessaire de traiter un visa depuis l'étranger. Si le candidat réside déjà légalement en Espagne avec une autre autorisation (par exemple, séjour pour études, résidence non lucrative ou une autorisation précédente), l'usage n'est pas de demander un visa, mais de solliciter une modification de sa situation vers résidence et travail. C'est une voie plus simple car la personne se trouve déjà sur le territoire espagnol et seul change le type d'autorisation qui habilite à travailler.

Après l'octroi : affiliation et TIE

Accorder l'autorisation ne clôt pas le processus. Le circuit complet, dans le cas du travailleur venant de l'étranger, est le suivant : l'autorisation est accordée, le travailleur obtient le visa au consulat, entre en Espagne pendant la période de validité du visa, l'affiliation à la Sécurité sociale est formalisée (ce qui incombe à l'entreprise) et, enfin, la personne demande la TIE, le document physique qui atteste de sa résidence légale. Ce n'est que lorsqu'elle sera affiliée à la Sécurité sociale que la relation de travail sera pleinement régularisée.

Questions fréquentes

L'entreprise peut-elle embaucher n'importe quel étranger se trouvant hors d'Espagne ?

Oui, mais elle doit lancer une autorisation de résidence et de travail en tant que salarié. Dans la voie générale, on évalue la situation nationale de l'emploi, le poste doit donc figurer dans le catalogue des professions difficiles à pourvoir ou il faut prouver qu'il n'y a pas de candidats disponibles au moyen de la gestion de l'offre au SEPE.

Quelle est la voie la plus rapide pour embaucher un étranger qualifié ?

L'autorisation de professionnel hautement qualifié de l'article 71 de la Ley 14/2013. Elle n'exige pas de test du marché du travail, elle est traitée par l'UGE-CE en environ 20 jours ouvrables et bénéficie du silence administratif positif, elle est donc beaucoup plus rapide que la voie générale.

Quels documents l'entreprise doit-elle fournir ?

Principalement, un justificatif de sa solvabilité économique, le contrat de travail signé, le justificatif de son activité et la preuve qu'elle dispose des moyens adéquats pour le poste proposé.

Et si le travailleur réside déjà légalement en Espagne ?

Dans ce cas, une modification de sa situation vers résidence et travail peut être possible, au lieu d'avoir à demander un visa depuis le consulat de son pays. C'est une voie plus simple car la personne se trouve déjà sur le territoire espagnol.

Que se passe-t-il après l'obtention de l'autorisation ?

Le travailleur demande le visa au consulat, entre en Espagne, l'entreprise l'affilie à la Sécurité sociale et, enfin, la personne demande la TIE pour attester de sa résidence.

Ce guide a un caractère informatif et les délais et conditions sont indicatifs ; il convient de toujours confirmer les informations auprès des sources officielles (Ministerio de Inclusión, Seguridad Social y Migraciones, UGE-CE et SEPE) ou auprès d'un professionnel avant d'entamer toute démarche.